Le jeu du Galais

Le 23 juin 2022, l’équipe du Galais a eu à nouveau la joie d’animer un jeu sur la monnaie locale avec des élèves du collège Beaumanoir à Ploërmel. Cela a donné lieu à beaucoup de concentration, de rires et d’échanges passionnants sur les intérêts d’une monnaie locale pour développer les échanges locaux, les pratiques écologiques et les liens entre les habitants d’un même territoire. Voici le fil rouge que nous avons suivi.

Le PUBLIC :

  • de 6 à 30 joueurs à partir de 8 ans, en 2 ou 3 équipes équilibrées

OBJECTIFS :

  • sensibiliser au fonctionnement d’une monnaie locale
  • identifier les différents éléments qu’elle apporte « en plus » de l’euro
  • comparer et analyser les différents avantages et limites de chaque monnaie
NB : les porteurs de chapeaux et casquettes sont les banquiers et comptables des deux groupes ! (ph. collège Beaumanoir)

MATÉRIEL :

  • pour chaque équipe, une table et des chaises
  • un animateur/banquier et un « comptable » par équipe
  • 30 pièces d’unpour une équipe et 30 billets d’un Galais pour chacune des autres équipes
  • une qurantaine d’objets à vendre/acheter pour chaque équipe (vêtements, livres…)
  • 2 chapeaux (1 sévère pour le banquier euro, 1 rigolo pour le « banquier » Galais)
  • 2 casquettes pour les comptables

DÉROULEMENT DU JEU

  1. les joueurs se répartissent autour de chaque table ; une table ne fonctionne qu’avec des euros ; une ou deux autres qu’avec des Galais
  2. dans chaque équipe, les joueurs se répartissent entre marchands et clients
  3. dans l’équipe euros, une partie des marchands se met à un bout de la table (ce sera la partie des marchands « hors territoire ») ; dans l’équipe Galais, tous les marchands restent à la table (c’est-à-dire sur le même territoire ; on peut expliquer pourquoi)
  4. chaque équipe désigne un « comptable » qui va compter chaque achat qui sera fait à sa table
  5. les 30 € ou Galais sont donnés aux clients de chaque équipe
  6. les objets sont répartis entre les marchands des deux équipes

Le jeu commence :

  1. on effectue une dizaine ou une quinzaine de tours (un tour = au maximum trois clients ou marchands font les achats qu’ils veulent avec tout ou partie de leur argent). NB : tous les objets valent 1 € ou Galais ; les clients et marchands peuvent acheter ; seuls les marchands peuvent vendre ; à la table euros, les achats peuvent se faire aux marchands du territoire ou hors territoire
  2. sur la table euros, à chaque fois qu’un marchand a gagné 3 €, il en remet 2 à son banquier (sur la table Galais, ce n’est bien sûr pas possible : tous les Galais continuent de s’échanger). NB : les marchands peuvent récupérer leur argent en banque, s’ils le souhaitent, une fois tous les deux tours ; mais ils peuvent être intéressés d’en laisser à la banque car ils y gagnent tous les 4 tours un intérêt d’un euro pour quatre euros en banque.
  3. après un certain nombres de tours, on s’arrête et on compte le nombre d’objets qui ont été achetés sur la table Galais et sur la table euros, ainsi que le nombre d’actes d’achats.

DÉBRIEFING

  1. que constate-t-on ? Normalement, il y en a plus d’objets vendus et d’actes d’achats sur la table Galais. Pourquoi ?
  2. y a-t-il eu des achats en dehors du territoire en euros ? En Galais (non : pourquoi?)
  3. le banquier euro compte combien il a reçu d’euros et le banquier Galais explique qu’il a reçu au début du jeu 30 € en échange des 30 Galais ; chaque banquier explique à quoi il utilise son argent : des prêts à tout marchand et des investissements en bourse pour le banquier euros et, pour le banquier Galais, des prêts seulement aux marchands « écologiques et solidaires »
  4. échange avec les joueurs sur les avantages et les inconvénients de ce qui s’est passé sur la table Galais et sur la table euros pour :
    • les marchands du territoire et hors territoire. Lesquels doit-on favoriser ?
    • les clients
    • les banquiers
    • l’écologie

POINTS D’ATTENTION DANS LE DÉBRIEFING

  1. avec des Galais, peut-on acheter tout type de produit à tout type de marchand ? (Exemple de la boutique solidaire gérée par les élèves du collège, qui accepte les Galais)
  2. relever que la banque euros finance parfois des entreprises rentables mais néfastes du point de vue social ou écologique, alors que la banque Galais, non
  3. peut-on citer des exemples de spéculation ou d’investissements faits par les banques euros qui peuvent être néfastes pour nous ? Quels types de conséquences peuvent-ils avoir sur nous ?
  4. les prêts de la banque Galais sont un peu plus chers que ceux de la banque euros car elle se finance aussi sur la spéculation ; faut-il toujours rechercher les produits les moins chers ?
  5. la banque euros mélange ses activités de prêt et de spéculation et est plus exposée aux risques « systémiques »
  6. les monnaies locales et les crypto-monnaies, c’est la même chose ?
  7. en conclusion, seriez-vous intéressé d’utiliser le Galais à l’avenir ?

Défi n°6 : on se retrouve le 28 juin et le 12 juillet autour d’un apéro Galais !

Avec la campagne « Le Galais, c’est simple et ça compte double ! », la monnaie locale du Pays de Ploërmel peut connaître un nouvel essor. Mais on ne réussira pas sans vous.

Pour cette douzième et dernière semaine de notre campagne, nous proposons un ultime défi : nous retrouver autour d’un apéro ! Et le premier est ce mardi 28 juin à 18h au Hab à Guer (et c’est nous qui invitons) !

Participer au réseau du Galais, c’est rechercher ensemble des solutions pour développer la bonne santé économique, écologique et sociale de notre territoire.

C’est aussi développer les liens et la convivialité entre nous, dans une société qui encourage surtout à l’individualisme des comportements.

On ne vous promet pas le sanglier, mais la cervoise sera là !

Bientôt, le café associatif de La Fourmilière va s’ouvrir à Ploërmel et nous vous y proposerons des rendez-vous réguliers.

Pour l’heure, nous vous donnons rendez-vous demain, 28 juin à 18h, au Hab (Hangar à bières) à Guer et le 12 juillet à 17h à La Fourmilière à Ploërmel (59A bd Laënnec). Nous pourrons échanger sur les impacts de notre campagne, vos questionnements et propositions sur la monnaie locale, des projets pour l’avenir…

Rencontre avec Sylvain Fillon, de Crackers & Co

Bonjour Sylvain. Quelle est l’origine de Crackers & Co ?

Bonjour. J’ai créé l’entreprise début 2021 et elle a reçu depuis la reconnaissance Agriculture Biologique. L’idée est venue des changements de consommation que l’on constate partout depuis quelques années, et de désirs personnels : l’envie de cuisiner (je suis un grand gourmand) et l’envie de se mettre à son compte sur un secteur où il y a peu d’offres en bio : les biscuits apéro, salés et sucrés, avec ou sans gluten et en essayant de limiter l’utilisation du sucre.
J’ai quitté en 2021 mon emploi de chef de rayon dans une grande surface de Ploërmel pour lancer l’activité.

Que produisez-vous en particulier ?

Je varie mes recettes chaque semaine pour proposer de nouvelles saveurs. Ma gamme comprend des biscuits salés, des cakes salés, des biscuits sucrés, des gâteaux, des graines torréfiées sucrées ou épicées, et des dips apéritif comme le houmous.

Où peut-on trouver vos produits ?

Je fabrique tout moi-même dans mon laboratoire à Ploërmel. Je vends sur les marchés de Ploërmel le vendredi matin, Mordelles le vendredi après-midi (marché bio) et Josselin le samedi matin, et aussi par le site www.clictaberouette.com et par mon site www.crackersandco.fr. Et avec d’autres producteurs et artisans locaux, nous animons du mardi au samedi la boutique “Les artisans du coin” dans la galerie du Super U de Ploërmel. La vente par Internet représente environ un quart de mes ventes.

Et vous avez adhéré à la monnaie locale dès votre début d’activité ?

Tout à fait, comme ma femme Virginie qui, elle, a créé la savonnerie Dual’Etik en 2019 et n’utilise que des ingrédients bio, tout comme moi. C’est important pour nous que l’argent circule au plus près. J’ai régulièrement des clients qui me règlent en Galais. C’est aussi une habitude à prendre. Parfois les gens ne connaissent pas et je leur explique. Parfois même, des adhérents du Galais ne pensent pas à me payer en Galais et c’est moi qui le leur rappelle !

Qu’est-ce que cela apporte de plus que vos clients vous règlent en Galais, alors que vous êtes déjà dans les circuits courts ?

Cela me permet de rester dans une circulation locale de l’argent. Pour les clients qui règlent en monnaie locale, je pense que cela leur permet de savoir où va l’argent, qu’il va bien à la personne qu’ils ont en face d’eux et qu’il ne va pas finir chez les banques ou dans des grandes sociétés.

Avez-vous des attentes particulières par rapport au Galais, pour les mois ou années qui viennent ?

Oui. La possibilité de payer un jour en monnaie locale numérique m’intéresse, pour tout ce qui est vente par Internet, et aussi pour développer des relations commerciales entre producteurs locaux, par exemple entre producteurs adhérents à Clic ta berouette, ou avec des fournisseurs qui peuvent même parfois se trouver en dehors du Pays de Ploërmel.

Propos recueillis par JCS

Contact : 07 55 67 97 27 et contact@crackersandco.fr